Sauver et se sauver, n’est-ce pas le cœur d’une histoire d’amour intense au cinéma ? Se sauver, littéralement, en quittant les paysages qui les ont fait grandir et qui traînent bon nombre de fantômes. Se sauver, l’une et l’autre, en accueillant leurs traumatismes d’abandon et d’autres atrocités et se donner la chance d’une vie meilleure.
Lou et Jackie
Lou (Kristen Stewart) est la gérante d’une salle de sport ornée de phrases inspirantes sur les murs. Lorsque Jackie (Katy O’Brian) entre dans la salle, Lou la remarque immédiatement. Avec un corps sculpté par la musculation, Jackie aspire à participer à une compétition de culturisme à Las Vegas.
Si “le chaos attire le chaos”, ces deux âmes tourmentées trouveront-elles la paix dans leur affection ? Il serait naïf de penser que l’amour seul pourrait les guérir. Mais il leur offre une nouvelle perspective, un espoir commun, un avenir. Qu’importent, alors, les sacrifices et méfaits commis sur la route.

Se sauver pour se sauver
Rose Glass confronte ses héroïnes à l’intensité d’un amour passionnel, capable de frôler l’obsession. C’est une histoire de fuite en avant, pour enfin tourner le dos au passé. Entre road movie, romance et film d’horreur – genres que la cinéaste explore habilement – Love Lies Bleeding est surtout un film où brillent deux actrices : Kristen Stewart et Katy O’Brian.

Leur jeu puissant parvient à désamorcer le second degré de certaines scènes avec une rare authenticité. Elles nous emportent, malgré quelques déroutes scénaristiques, dans une ambiance rétro des années 70, faite de bars en bord d’autoroute, de parkings infinis, de routes larges et d’espaces arides. Puis il y a ces instants en voiture, où tout semble possible, qui mettent le scénario en suspens. Ces instants de grâce, à l’aube ou au crépuscule, qui déclenchent le mouvement, qui sonnent comme un nouveau départ. En voiture, sur les routes américaines ou européennes, tout devient possible. On a alors envie de prendre la fuite avec elles.
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Photographies : © A24
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