Est-ce que l’on se voit devenir fou ? À quel moment la brèche est perceptible, entre la fatigue passagère, la légère obsession, le déclic entre raison et basculement ?

À l’âge de ses 35 ans, Olive songe à son père qui est décédé au même âge. Son grand-frère a alors pris Olive sous sa protection et tous deux ont grandi en adultes sensibles, en quête d’un amour avorté.

Laura Mariani propose une mise en scène inventive : des volets en polycarbonate glissent sur le plateau pour créer ou cloisonner l’espace. Chaque point de vue est alors confronté, avec un renversement d’une situation prédominante de harcèlement, ici d’une femme envers un homme. Comment la police reçoit cette plainte, comment les proches de la victime, homme, endossent leur rôle de protecteurs ou… de blagueurs.

Par une voix off interprétée par un comédien sur scène, le spectateur a alors accès aux pensées des comédiens et comédiennes sur le plateau. À tout ce qui nous parasite, à tout ce que l’on voudrait dire, faire. Mais qu’on contient.

Une mise en scène astucieuse, qui regorge de trouvailles et de subtilités. Peut-être gagnerait-elle à resserrer son rythme pour mieux surprendre, avant que la conclusion ne s’impose en cours de route au spectateur.

Photographies © Clémence Demesme
© Pour le dire