Quand on parle de films de colonies de vacances, difficile de ne pas penser à Nos jours heureux, ce premier grand succès du duo de réalisateurs Eric Tolédano et Olivier Nakache sorti en 2006. Vingt ans plus tard, les références sont encore cultes. Mais dans Ma Frère, il ne s’agit pas que de cela. Ce nouveau duo, féminin cette fois-ci, réalise une comédie sociale attachante et plurielle, dans laquelle se jouent d’autres enjeux qu’un simple départ vers un écrin de verdure.
Shaï et Djeneba, amies et voisines, partent ensemble animer une colonie de vacances d’enfants de leur quartier, en banlieue parisienne. Mais n’est pas animatrice qui veut : montrer l’exemple, instaurer un climat de confiance, apprendre la vie en communauté, choisir avec soin les mots que l’on emploie pour élever, au sens premier du terme. Autant de responsabilités qui pèsent sur les épaules des jeunes filles et de la directrice de colo, Sabrina, interprétée par Amel Bent.



Ce qui aurait pu n’être qu’une comédie légère ou un sujet ambigu devient, sous les regards avisés et profondément humains de Lise Akoka et Romane Gueret, un film juste, assumé et rafraîchissant.
Les comédiens et comédiennes, enfants inclus, sont d’un naturel déconcertant. La caméra semble ne plus exister, juste les suivre. Leurs paroles sont sans filtre, sans étaler trivialement les expressions de cité. Les mots sont ceux d’aujourd’hui, les codes propres à la communauté de chaque individu, et tous semblent respecter cela sans que cela soit un sujet.
Un film qui fait du bien, étend le regard sur ces vies de quartier plurielles, où se dessinent chaque jour mille destins. Courez voir ce bijou au cinéma.
Photographies © Superstructure Films – Studio Canal
© Pour le dire
