Un “je” et un “moi” se parlent. Mémoire de filles. Ou mémoire d’une fille ? Celle de l’été 58 dans une colonie de vacances. 


Violette Campo porte les mots d’Annie Ernaux avec une grande humilité et sensibilité, rendant compte de ce qu’était être une fille, venue de province, dans les années 1960. Les journées dans les livres, la solitude d’une enfant unique, les premiers rêves d’ailleurs, les premières amours. Et pas les meilleurs.

Sur la gauche, le présent, avec une femme qui revient sur cet été-là. Sur la droite, une jeune femme, qui revit dans la chair tout ce qu’elle y a vécu. Par cette double parole, qui suit les mots d’Annie Ernaux au cordeau, on bascule entre présent et passé, montrant que certaines images ou souvenirs ne peuvent jamais totalement s’effacer. Que reste-t-il de notre jeunesse ? Que reste-t-il de ces rêves, espoirs et illusions que nous avions ?

Un moment doux dans une mise en scène rythmée et sensible, réveillant les souvenirs doux-amers de la jeunesse, comme on replongerait dans un vieil album photo.


D’après "Mémoire de fille" d’Annie Ernaux par la Compagnie Les Pieds dans l'eau 

Avec Lisa Garcia et Violette Campo

Photographies © Olivier Houeux

© Pour le dire