Nino, le premier film de Pauline Loquès, est au cinéma depuis mercredi. Un petit bijou de simplicité, entre tabou, errance et solitude des grandes villes.

Nino apprend, au détour d’un examen de routine, qu’il est atteint d’un cancer de la gorge. Sans le nommer tout de suite, ni en parler à ses proches, il encaisse l’événement avec un certain stoïcisme.

Derrière l’apparente simplicité du récit (un garçon, une ville, trois jours avant qu’il n’entame sa première chimiothérapie), Pauline Loquès met résolument du beau et du sensible dans l’épuré. Nino incarne une génération d’hommes qui assume leur vulnérabilité sans en faire étalage. Il est. Et ose être.

Le film ouvre des portes, interroge : que ferions-nous à sa place, et comment encaisserions-nous dans son entourage ? La mère, l’ami, le collègue, l’amie d’enfance croisée par hasard, l’étranger rencontré au détour d’une phrase… Chacun existe avec relief. Pauline Loquès réussit à donner de la profondeur à ces silhouettes furtives, comme autant de strates qui colorent nos vies.

À voir en salles.

Photographies © Blue Monday Productions – France 2 Cinéma
© Pour le dire