À toi, nouvelle année,
Attendue et regardée.
Si l’heure est au passé,
J’aimerais dès à présent,
Te murmurer mes envies,
Mes désirs, pour l’après,
Dans l’espoir de revivre
certains bonheurs d’antan.

Souffler sur mes bougies
Raviver mes souvenirs
Enlacer nos soirées
Où brillaient nos sourires,
Se joindre aux heures bleues
Et trinquer avec elles
Commander en deux temps,
Une pinte, puis sa jumelle,
Contempler, du comptoir,
La valse des passants
La détresse du barman
Et ses fidèles clients.

J’aimerais faire une pause,
Entre deux décennies,
Revoir, sur grand écran,
Le film de ma vie,
De ma vingtaine tendre
Aux premiers coups trahis.
Nous défions les Maisons
Arpentions tous les genres,
Nous avions le luxe du choix.
La jeunesse comme excuse,
L’allégresse des lendemains.

On discutait sans fin,
Dans les bistrots du coin,
Où s’étiraient longuement
Nos jambes fatiguées
Et nos dociles pensées.
Nous bravions les ruelles,
De notre ville, jusqu’à tard,
Séduit de notre ville,
Où chaque rue est Palais.
Nous chantions un peu ivres,
Notre amour, sur les quais
Ou bien pire, notre haine,
Aux camarades joyeux,
Ou bien juste à la Seine.

J’aimerais, s’il ne reste qu’une bougie,
Redorer nos idées sombres ;
Nourrir d’envies nos esprits
D’arts, d’histoires et d’aventures.

Et que tout cela dure.


© Pour le dire