Les dialectes régionaux et autres accents du Sud ou du Nord se sont perdus au fil des siècles. Par la force ou par la honte, ils ont fini par se résoudre à la dictature du « parler pointu ».
Benjamin Tholozan a l’humour de quelqu’un qui maîtrise son sujet et qui se connaît. Maniant blagues historiques et autodérision, il surfe entre le seul en scène et le one-man-show. Arts connexes, et pourtant assez différents : si l’un se veut théâtral, l’autre cherche avant tout la blague. Bien que les deux exercices soient tout aussi difficiles l’un que l’autre, nous assistons ici à un véritable seul en scène : des personnages se succèdent dans la peau d’un seul homme, le plateau évolue avec l’écriture textuelle et scénique d’Hélène François, les dynamiques de lumière et les interactions avec le public sont précises et rythmées. L’objet théâtral se dessine.
Et plus qu’un bon moment passé, on apprend aussi notre Histoire, avec un grand H. L’histoire d’une France qui a voulu effacer, bannir, à coups de sanctions dans les cours d’école ou de massacres dans les villes. Un rejet devenu un fardeau que se lèguent les familles, et qui s’allège au fil des générations par l’acharnement de l’oubli.
Parler pointu est une ode à l’accent, au patois. À ces mots troubles pour les uns, nostalgiques pour les autres. À ce que l’on tente d’effacer par conformisme, par souci de la norme, du beau administratif.
Tous les jours à 18h10 du 4 au 25 juillet 2026 au Théâtre des Carmes
Photos © Mathis Leroux, Claire Gondrexon, Marie Charbonnier
© Pour le dire
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