Elisabeth Chailloux (mise en scène) et Sarah Karbasnikoff (jeu) reprennent le roman “Personne”, prix Femina 2009 de Gwenaëlle Aubry. La pièce suit donc la vie d’un père qui a décidé d’écrire ses états pour laisser une trace. De A à Z, on parcourt sa vie comme le roman, en abécédaire, d’une lettre à une autre, avec des petits sursauts de vie. Les émotions palpables de la comédienne sur scène donnent au spectacle vivant toute la beauté de sa définition. Ce texte est un morceau difficile à mâcher tant il aborde l’intime de l’aidant et du malade dans la traversée de la maladie mentale. On peine à voir la joie car les larmes semblent envahir le visage souriant de la comédienne, si bien que l’on se demande, de ces trois femmes artistes, laquelle a vécu auprès de cet inconnu.
Toutes les trois s’ajustent à faire entendre les mots de ce texte au discours intime sur le père. Mais sans être un récit de deuil, la pièce s’intéresse au vivant, à l’ingéniosité, l’intelligence, le fantasque d’un père atteint de troubles bipolaires.
Au Théâtre de la Ville de Paris jusqu’au 21 avril 2026
Photographies © Nadège Le Lezec
© Pour le dire