Assez souvent, ce que touche Luca Guadagnino devient de l’or. Cinéaste découvert mondialement pour Call me by your name, qui a également révélé sur grand écran le comédien Timothée Chalamet, sa caméra filme l’intime, les couleurs chaude, les instants de grâce, suspendus pendant la grande saison. Son sujet phare : l’amour, ou plutôt, la phase amoureuse. Celle qui nous consume, idôlatre l’être convoité.
Dans Queer, on suit la vie d’un américain, William Lee (Daniel Craig), retranché au Nouveau Mexique. Les journées sont longues, chaudes, se suivent. William Lee occupe ses journées à boire, flânant de bars en bars avec ses autres amis queer. Il croise un soir un bel éphèbe, Eugène Allerton (Drew Starkey). Sa fascination est immédiate.
Adaptée du roman de William S. Burroughs et réécrite par le scénariste Justin Kuritzkes avant de passer par la caméra de Luca Guadagnino, cette oeuvre se perd finalement entre ces différentes mains pour accoucher d’un récit triste sur l’âgisme et l’homosexualité. Bien que Queer nous amène dans une photographie du Mexique des années 50, lieu que l’on croirait bâti de cartons comme un nouvel hollywood pour expatriés blancs, Queer n’arrive pas à passer la seconde. On tombe alors dans un regard de compassion – si ce n’est de pitié – pour le héros qu’interprète très justement Craig, déchu, solitaire, dépassé. Touchant, ce personnage désuet incarne l’ancien temps se brûlant les doigts sur la jeunesse, le beau, le brillant. Une jolie promesse scénaristique qui s’essouffle dès la moitié du film. Dommage.
Photographies © Luca Guadagnino, Emanuela Matranga, Lorenzo Mieli
© Pour le dire
