Interview en format vidéo disponible sur Youtube et sur Instagram : l’interview de Paul Pascot et Vassili Schneider

LA PROCHAINE FOIS QUE TU MORDRAS LA POUSSIÈRE : du livre aux planches de théâtre

Pour le dire : comment est née l’envie d’adapter le livre de votre frère Panayotis Pascot, paru en septembre 2023, avec votre compagnie de théâtre Bon qu’à ça ?

Paul Pascot : Panayotis m’a demandé et j’ai dit non. Puis au bout de la douzième fois je me suis dit « je vais quand même regarder… ». En relisant son livre, je me suis dit qu’on avait deux choses en commun. D’abord, on a huit ans d’écart, qu’on aura toujours. Et on a le même père. Quand j’ai relu son livre, j’ai vu toute la colonne vertébrale du livre se dessiner autour de père. On a pas eu la même enfance, du fait de nos huit ans d’écart, mais j’ai commencé à penser à toute cette matière qu’on pouvait extirper du livre pour en faire une pièce de théâtre.

A l’origine, il écrivait ce livre pour que ce soit un spectacle. Est-ce que le fait de faire dire les mots à quelqu’un d’autre sur scène était un moyen pour lui de ne pas dire ce « je » sur scène ?

Paul Pascot : Je pense qu’il n’y a que Panayotis qui peut répondre à cette question. Ce que je peux dire, c’est qu’on a toujours travaillé ensemble, il a toujours vu le travail que je faisais au théâtre, je pense que c’est ce qui lui a donné envie de me confier le projet.

Paul Pascot et Vassili Schneider pour LA PROCHAINE FOIS QUE TU MORDRAS LA POUSSIERE
Paul Pascot (gauche) et Vassili Schneider (droite)

Le choix du comédien

Comment s’est fait le choix de Vassili pour incarner les mots de Panayotis ?

Vassili Schneider : Il m’a demandé douze fois aussi et j’ai fini par accepter… (rires) Non, comme tout le monde j’ai passé des castings. D’autres acteurs étaient envisagés aussi.

Paul Pascot : Il avait préparé son audition avec son père. Ce qui est génial, parce qu’on fait un projet sur le père et c’est son père qui l’aide à travailler. Et puis, Vassili est aussi le dernier d’une fratrie, comme Panayotis. Il avait travaillé son audition en préparant d’autres choses que ce qui était attendu.

Vassili Schneider : Il fallait que j’apprenne une page du livre pour l’audition, mais j’avais besoin d’en apprendre davantage pour préparer ce rôle. Donc je suis arrivée avec quatre, cinq pages apprises. J’ai joué une scène qui n’est aujourd’hui plus dans la pièce. Voyant que le travail fonctionnait bien et que nos personnalités fonctionnaient bien, Paul a décidé qu’on continue ensemble.

S’approprier les mots d’un autre

Comment as-tu travaillé ce texte qui est essentiellement écrit à la première personne ? As-tu pensé à d’autres choses que la matière donnée par le livre ?

Vassili Schneider : On raconte en une heure et quart une colonne vertébrale du livre, mais le texte est beaucoup plus large ce qui permettait d’avoir tout un back story et d’être habité par autre chose que ce qui est raconté sur scène. Ensuite, il y a tout le travail avec Paul qui, faisant aussi partie de cette famille, me nourrit constamment d’anecdotes. Ça m’aide parfois à mieux comprendre certaines phrases, qui peuvent sembler anodines, et qui ont tout un sens caché. La mise en scène permet aussi un dialogue avec le père, qui n’est pas sur scène mais qui est dans la salle, ce qui permet d’explorer autre chose que la rumination intérieure de certains passages du livre.

Les choix de mise en scène

Quels ont été tes partis pris artistiques pour mettre en scène le livre ?

Paul Pascot : Il fallait absolument que la parole du fils émane d’un règlement de compte avec le père [joué par Yann Pradal]. Il fallait pouvoir décortiquer la bête, et en décortiquant le père, pouvoir « tuer » symboliquement le père. En répétitions, a testé beaucoup de choses pour savoir quand donner la parole au père, quand la donner au fils, et quand les faire dialoguer, ensemble. Et à chaque parole qui fuse, comment on relance un nouveau chapitre de l’histoire. On a commencé le travail en janvier 2024, et la pièce sort en toute fin d’année 2024.

LA PROCHAINE FOIS QUE TU MORDRAS LA POUSSIÈRE jusqu’en mars 2025 au Théâtre Petit Saint-Martin
D’après le roman de Panayotis Pascot, avec Vassili Schneider et Yann Pradal

Merci à Vassili Schneider et Paul Pascot pour cette rencontre lors d’une de leur répétition au Théâtre Le Petit Saint-Martin
Photographies © Pour le dire
Interview : Pour le dire – Clara Passeron