Interview en format vidéo disponible sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=BYIghxC_Bnk&t=27s
Et sur l’instagram de Pour le dire.
Après Les Magnétiques en 2021 qui obtient le César du meilleur premier film et le prix de la Société des Auteurs à la Quinzaine des Cinéastes, Vincent Maël Cardona revient en 2025 avec Le Roi Soleil. Reda (Sofiane Zermani) et Livio (Pio Marmaï), deux policiers en civil, sont témoins d’un homicide involontaire dans un PMU. Le mort laisse derrière lui un billet gagnant de près de 300 millions d’euros. Que faire : appeler les secours ? Ou discuter à plusieurs ?
Pour le dire / Clara Passeron : Le film s’ouvre sur une ambiance de film d’époque, avec la phrase : “on va lancer la loterie pour donner de l’espoir aux gens”
Vincent Maël Cardona : Quand on travaillait sur cette histoire on a en effet découvert ce fait. Il y a un moment dans l’Histoire qui a marqué un tournant. On a décidé de choisir un monde qu’on qualifie de “monde de l’argent”. Ce monde où le pauvre donnera son quignon de pain aujourd’hui si on lui promet de le recouvrir d’or demain. C’est une direction qu’on a choisi, alors qu’on aurait pu en choisir d’autres. Mais cela veut aussi dire qu’il y en a toujours d’autres possibles.
Ce film-là, Le Roi Soleil, vous y pensiez déjà il y a 13 ans alors que vous étiez étudiant à la Femis ?
Vincent Maël Cardona : J’ai commencé à réfléchir à ce film avec le co-auteur Olivier Demangel. Quand j’ai fait la Femis, entre 2006 et 2010, j’ai rencontré beaucoup de gens de ma génération. On a appris le cinéma ensemble, avec ses différents métiers : son, image, cadre… J’ai donc tout naturellement suivi leur travail après l’école. Quand j’ai fait mon premier long-métrage, Les Magnétiques, j’ai pu profiter de toute leur expérience acquise au long de nombreuses années de travail. J’ai eu la chance de travailler avec des techniciens du cinéma qui étaient déjà ultra forts.
Concernant vos acteurs, il est vrai que vous avez auditionné Sofiane Zermani (Reda) et Pio Marmai (Livio) le même jour, et que vous avez alors décidé de garder les deux ?
Vincent Maël Cardona : Je n’avais jamais rencontré Pio et Sofiane avant le casting. Comme je n’habite pas à Paris [NDLR : le réalisateur est lyonnais] on avait fait en sorte de regrouper tous nos rendez-vous la même journée. Et les deux rencontres ont été très fortes. Déjà, je n’avais pas envie de choisir. Puis, dans un second temps, je me suis dit “ce serait génial de les voir évoluer ensemble.” Ce qui est marrant c’est que je n’avais pas écris mes policiers comme ça.
Vous n’aviez pas pensé à un binôme ?
VMC : Si, mais avec un vieux et un plus jeune. Un peu à la Seven vous voyez. Et je pense que c’est même plus intéressant que l’autorité repose sur la personne plutôt que sur son statut hiérarchique, comme c’est le cas pour le personnage de Sofiane, Reda.



Les Magnétiques, votre premier film dont vous avez parlé juste avant, a remporté plusieurs prix au Festival de Cannes en 2021. En 2025, vous êtes à nouveau choisi pour ce second film dans les Séances de Minuit. Comment accueillez-vous ces nominations ? Est-ce une surprise, une récompense ?
VMC : Le Festival de Cannes, c’est une institution qui organise presque toute la saison des films. Elle commence en janvier, de façon un peu dissimulée avec l’envoi des films au festival. Mais le vrai lancement en au mois de mai, avec cette quinzaine de jours qui dicte quelque part tous les films à voir dans la saison. Être sélectionné, ou ne pas l’être… Ce sont les aléas d’une programmation. Dans tous les cas, c’est toujours une excellente nouvelle d’en faire partie.
Dans Le Roi Soleil, il y a comme une double morale sur l’argent et sur l’idée de “réussir sa vie”. Vaut-il mieux prendre l’argent quitte à se perdre, ou fuir, et donc perdre cette possibilité de richesse, mais se sauver ?
VMC : Il y a cette tentation évidente de prendre cet argent. Je trouver que dans notre époque il y a une grande cruauté dans le partage, la diffusion, la mise en scène de nos inégalités. Et cette mise en scène autour de l’argent, du luxe, attise cette fascination, cette obsession pour l’argent facile. Vouloir être riche, ce n’est pas un nouveau sujet. Mais je trouve que ce qu’il y a de nouveau, d’intéressant, et que l’on a essayé de mettre dans le film, c’est la puissance fictionnelle de l’argent.
Une promotion de la réussite quelque part ?
VMC : La promotion mais surtout l’idée qu’il y aurait une vie, votre vie, et une “vie rêvée”. Ce qui est dangereux parce que cela voudrait dire que l’envers de cette “vie rêvée” est qu’il y a une “vie ratée”. Or je ne crois pas que ça existe, une vie ratée.
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Merci à Pathé films pour la rencontre presse.
Photographies du film © Emmanuelle Jacobson-Roques – Srab Films – Easy Tiger
Photographies et interview de Vincent Maël Cardona © Pour le dire / Clara Passeron
