On parle souvent de nécessité dans la création artistique. Et je crois qu'il y en a une dans Requiem pour les vivants. Celle de porter un deuil intime, d'engager une lutte intérieure lorsqu'on perd un être cher et que l’on ne peut pas encore le nommer. Sans doute Delphine Hecquet, autrice et metteuse en scène du spectacle, a-t-elle porté ce deuil. Mais au-delà de la forme chorale et dansante qu’elle propose, nous peinons à en saisir pleinement les contours : à nous attacher à celles et ceux qui éprouvent, à entendre les mots qu’ils cherchent ou balbutient.
Malgré ces promesses chorégraphiques et stylistiques, la pièce peine toutefois à se déployer pleinement. Le dialogue entre les comédiens et comédiennes reste par moments rompu, les partitions apparaissent inégales entre les interprètes, et certaines questions ouvertes par la mise en scène demeurent sans véritable réponse. Il en résulte une impression de frustration : celle d’un spectacle traversé par une nécessité intime, mais qui ne parvient pas toujours à en partager toute la force avec le public.
Photos © Pierre-Antoine Chevalier
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