Rue Málaga est un film de la réalisatrice marocaine Maryam Touzani. Née à Tanger, au Maroc, la cinéaste transpose son vécu sur grand écran à travers les yeux de Maria Angeles, 79 ans, qui vit au centre de la ville, rue Málaga. Un jour, sa fille Clara revient. Elle veut vendre cette maison que son père, mari défunt de Maria Angeles, lui a légué. Serait-ce le temps de partir ?

Ce carrefour international entre langue arabe, langue française et langue espagnole voit défiler de nombreuses vies, de résidents, de commerçants, de passants. Certains passent en vitesse pour une course, d’autres restent des heures, à un coin de rue. Ce fourmillement est l’âme de Maria Angeles. 

Dans Valeur sentimentale de Joachim Trier, le cinéaste explorait son attachement sensible à un lieu où l’on grandit. Ici, c’est toute une rue qui est un lieu d’attache, portrait d’une société qui évolue avec son temps en gardant ses traditions. 

C’est un film doux, poétique, qui parle d’attachement, de vieillesse, de rituels. La réalisatrice Maryam Touzani s’est accompagnée de Nabil Ayouch (Much Loved), réalisateur marocain, pour réaliser ces portraits de ville et de femmes ni lisses ni coupables. Les habitants sont attachants, même par de petites interactions, car on sent une véracité du regard. 

Photographies © Les Films du Nouveau Monde
© Pour le dire