Max, journaliste et nouvelliste, décide pour son premier roman de plonger dans l’univers des travailleurs du sexe à l’ère numérique. Pour en saisir la justesse, il s’inscrit lui-même sous le pseudonyme de “Sebastian”.

Porté par un premier rôle saisissant de finesse et de profondeur, Sebastian est une petite pépite qui se cache actuellement dans nos cinémas. Il pose un regard droit sur les rapports entre personnes queer, et traite en filigrane des thématiques plus sombres : la solitude des grandes villes, le consentement, la comparaison, la compétition.

La photographie, signée James Watson, évoque Her de Spike Jonze ou les premiers Xavier Dolan : elle capte à la fois la chaleur des moments d’intimité, seul ou avec quelqu’un d’autre ; et la mélancolie des grandes villes, dans une lumière âpre et impersonnelle.

Ruaridh Mollica brille dans le drame, et ses acolytes avec lui. Il impose sa présence avec une maîtrise rare, faisant de lui l’un des jeunes acteurs britanniques à suivre. “Demain, je suis calme à nouveau, lent et pâle.” aurait pu coller Jean-Luc Lagarce à son visage après une scène particulièrement dure qui l’expose à un silence intense. À voir.

Avec Ruaridh Mollica, Hiftu Quasem, Jonathan Hyde

Photographies © James Watson
© Pour le dire