Ale et Alex s’aiment. Mais… 14 années ont suffit à tracer leur histoire d’amour. Leur affection est tendre, leur rythme, complémentaire, mais voilà : ils ne s’aiment plus.

Jonás Trueba dépeint un couple sur la fin mais sans la torpeur d’une rupture. Septembre sans attendre est un film de vagabondage, comme un essai sur le couple et les façons de le rompre. Avec une mise en abyme originale, on voit le couple raconter et se raconter par la création d’un film dans le film. Elle, est réalisatrice, lui, comédien. Leur rupture serait-elle alors leur dernier projet commun ?

Outre cette épée de Damoclès au-dessus de la tête d’Ale et Alex, on sent une profonde alchimie entre les deux acteurs, Itsaso Arana (Ale) et Vito Sanz (Alex). Ils dépeignent timidement les différentes formes d’amour : l’écoute, la consolation, la sécurité, le calme malgré le tourbillon de leur présent.

Un film doux et mélancolique

Septembre sans attendre est un film proche de la nouvelle vague, où les cigarettes enfument notre écran, les verres d’alcool se suivent et agrainent les idées des personnages. Mais aussi dans la forme : la lenteur du mouvement, les scènes triviales de couple, les réflexions philosophiques amenées par quelques citations d’écrivains (Søren Kierkegaard, Stanley Cavell). On pense aux films de Woody Allen, doux, faciles, en proie à une certaine mélancolie, au vagabondage d’Owen Wilson, aka Gil, dans Minuit à Paris (2011) qui est un scénariste en quête d’inspiration (autre mise en abyme) sur fond de musique jazz.

Septembre sans attendre est donc un essai intéressant sur le couple et comment bien finir une histoire si on n’a pas de réelles raisons de s’en vouloir. Quelques bâillements pourraient être lâchés sur la longueur; car deux heures peuvent faire long pour parler d’une date de soirée de rupture. Mais le ton cinglant, noir sur les bords, de Jonás Trueba font de cette comédie une oeuvre tout à fait charmante dans son ensemble.


Photographies © Arizona Films – Europa Cinémas
© Pour le dire