Compétition officielle du festival de Cannes 2025

De Sirāt, on en retient surtout le son. La musique techno, présente du début à la fin. Comme un personnage, comme un fantôme qui erre dont on ne sait s’il annonce des bons ou des mauvais présages. Et ce sable, sans fin, celui qui s’incruste sur nos vêtements, qui rentre dans nos narines, qui nous colle un voile beigeâtre sur le visage.

Des milliers d’âmes innocentes meurent chaque instant. Je m’intéressais à la trace que cela laisse chez les gens.” Oliver Laxe

Le récit est à l’image du désert : cruel, imprévisible. Un père et son fils partent retrouver une femme : la fille de l’un, la sœur de l’autre. Mais rien ne suit le cours attendu. Les pas s’égarent, les liens se brisent, et dans cette errance surgissent des images d’une violence brute, parfois insoutenable, qui interrogent notre propre seuil de tolérance.

Dans Sirāt, tout mène vers une seule révélation : celle de l’abandon, comme ultime voie possible.

À voir bien accroché.


Citation d’Oliver Laxe recueillie à l’avant-première du film en présence du réalisateur au Forum des Images, juin 2025.
Photographies © Quim Vives – Pyramide distribution
© Pour le dire