Si le nom du réalisateur James Mangold ne vous dit rien, on peut citer au moins deux de ses films : Logan (2017) et Walk the Line (2005). Le premier explore les failles d’un héros vieillissant, Wolverine, près à rendre les armes, et le second peignait déjà l’ascension d’une figure emblématique de la musique contemporaine : Johnny Cash. L’un est une fiction, l’autre un homme de chair et d’os, mais c’est avec la même humanité, tendresse, justesse que le réalisateur gravite autour de ces êtres humains.

Avant la gloire : l’homme

Car James Mangold est très peu intéressé par la gloire mais plutôt par ce qui constitue un homme. Ses valeurs, ses croyances, ses défauts et ses étincelles. Dans Un parfait inconnu, titre tiré du titre “Like A Rolling Stone”, la seconde des trois chansons chantées pendant le festival de Newport en 1964. Bob Dylan, jeune homme venu du Minnesota à 20 ans pour rencontrer ses idoles de la folk, électrise tout sur son passage dès les premiers riffs. Ses premières scènes, ses premiers concerts et les enregistrements d’albums qui marqueront l’ensemble de ses contemporains et les anciens sont saisis avec la même chaleur et proximité. Car il maîtrise entièrement son sujet, James Mangold ne s’encombre pas d’explications sur le génie de Dylan : il filme, s’approche, capte les regards de ceux qu’il séduit. 

Un parfait inconnu est donc un moment d’humanité, au-delà de la musique, par la chaleur vibrante qu’il dégage. Tout comme la musique Folk, James Mangold s’invite dans les foyers, va au plus près de l’intime, pour rendre ce récit universel. C’est finalement l’histoire d’un homme dont on sait peu de choses, qui a toujours refusé la gloire, plongé dans une solitude de murs construits par ceux qui l’adulent. Un biopic contemplatif, agréable, où le talent de Chalamet déborde dans nos esprits. Cinq années de préparation, guitare, chant et accent, n’ont pas été perdues. A voir. 

Photographies © Searchlight Pictures
© Pour le dire