Tchekhov est l'un de ces auteurs de théâtre classiques que l'on retrouve à chaque saison. On le raconte, depuis des siècles, on rouvre les tiroirs et les portes de ses œuvres écrites dans une Russie de la fin du 19e siècle et qui rapporte la voix d'un artiste désabusé du vide de la bourgeoisie. Un auteur qui écrit beaucoup, dont les textes sont des collages de dialogues infinis.


Alors pourquoi l'adapter encore ? C'est la question qui m'a traversé pendant l'adaptation de La Cerisaie d’Aurélie Van Den Daele. Et plusieurs réponses ont surgi durant ces 2h40. Pour ce qu'il raconte de notre société actuelle. Pour une expérience de théâtre, une traversée commune d'un temps qui s'allonge. Pour s'efforcer de vivre un peu d'instant présent, que l'on quitte bien trop vite pour s'enfermer dans les infinis des écrans.


L'avenir du théâtre me questionne, souvent. En tant que spectatrice. En tant que journaliste. En tant que comédienne. En tant qu'humaine. Traverser les livres, c'est traverser les époques et ce qu'elles disent de nous. Et le théâtre s'autorise à se perdre, à rechercher, à tendre un fil entre la parole du plateau et l'attention des gradins. L'adaptation d’Aurélie Van Den Daele semble s'autoriser le déséquilibre, titubant parfois vers l'ennui, mais elle a le mérite de chercher plus que jamais l'expérience du temps présent : au dehors, et au dedans. 

Théatre de la Tempête - La Cartoucherie du 6 au 21 juin 2026

Photographies © Thierry Laporte

© Pour le dire