Un film de Dupieux, on le sait désormais, est un film court, qui dénonce les tares de notre société sous grosse couche d’absurde et d’humour noir. L’Accident de piano ne déroge pas à la règle, mais a quelque chose de différent.

Déjà, on a le sentiment que Dupieux fait moins un film pour lui et sa troupe. Le cinéaste s’intéresse ici à la génération de l’influence, à cette célébrité virale née du talent ou du hasard. Magalie Moreau, insensible à la douleur, décide de filmer ses performances physiques après avoir vu une vidéo de Jackass. Très rapidement, ses contenus sont vus par des millions d’internautes, la rendant riche et célèbre malgré sa solitude apparente.


Dupieux écrit ici un film nuancé, où la lucidité et la perspicacité de cette héroïne cabossée, magnifiquement interprétée par Adèle Exarchopoulos, viennent percer son apparente simplicité d’esprit. 

Jérôme Commandeur, son assistant de vie, incarne le parasite aux faux airs de bonté comme les personnages dépeints par Bong Joon Ho et Sandrine Kiberlain apporte de la tendresse à un personnage qui ne devrait que nous créer un sentiment d’hostilité.

Un film drôle, inconfortable, qui laisse penser que sous l’absurde, le cinéaste affine une forme de gravité.

Photographies © CHI-FOU-MI PRODUCTIONS – ARTE FRANCE CINÉMA – AUVERGNE RHÔNE-ALPES CINÉMA
© Pour le dire

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